26 mai

Il n’y avait pas eu de printemps. Seulement une dernière neige, puis, des orages et une chaleur caniculaire. Ça faisait une semaine qu’il faisait plus de 30 degrés et que la ville était en sueur. La décision fût prise d’ouvrir les piscines publiques plus tôt. Je détestais les piscines publiques. Il y avait toujours un enfant, dans un coin, qui était clairement en train de pisser discrètement, ou pas. Mais il faisait vraiment très chaud. Et comme c’était les premiers jours d’ouverture et que l’école n’était pas encore terminée, je me disais qu’il n’y aurait sans doute pas encore trop d’enfants et de pisse dans l’eau.

Je m’installai dans un coin pour lire. Mais ce que je faisais réellement c’était observer les gens autour de moi. Il était encore tôt, il n’y avait donc pas grand monde. Au centre du bassin, un énorme monsieur très poilu nageait sur le dos, en faisant éclabousser de l’eau partout. J’avais l’impression qu’il était en train de se noyer mais les sauveteurs ne s’alarmaient pas du tout. À l’ombre, un papa enfilait des swim-aid à sa petite fille, qui étaient plus gros que sa tête, elle était clairement hors de danger. Dans le coin gauche, près de la clôture, une vieille femme était sur une chaise longue, en plein soleil. Sa peau, d’un brun foncée, avait commencée à griller bien avant l’arrivée de l’été, des années auparavant.

Soudain, une jeune femme sorti des vestiaires, sa serviette sur l’épaule, les lunettes de soleil au bout du nez. Sa peau était légèrement bronzée, signe qu’elle passait beaucoup de temps à l’extérieur. Elle marchait d’un pas léger, avec un port de tête gracieux, et une queue de cheval châtain, qui se balançait au rythme de ses pas. Je la suivais du regard, comme hypnotisé. Elle avait une aisance et une classe incroyable. En maillot de bain en plus. Pas comme moi, qui tirait ma culotte à chaque pas, pour la sortir de mon entre-jambes. Je détestais essayer des maillots de bain, j’avais donc le même depuis des années, mais décidément, il en avait marre de moi.

La gracieuse posa ses affaires dans un coin, enleva ses lunettes, et son t-shirt au ralenti. Sûrement pas mais c’est l’impression que ça me fît. Elle détacha ses cheveux, au ralenti aussi, c’est moi qui raconte l’histoire. Et elle s’approcha d’un plongeon. Elle monta et s’étira un peu. Elle avait des bras fins et musclés à la fois, comme ses jambes. Elle pris sont élan et plongea, sans éclaboussures. Je lâchai mon livre et applaudi avec beaucoup trop d’enthousiasme. En me rendant compte de ce que j’étais en train de faire, je tapai des mains plus lentement, pour faire croire que je chassais une mouche importune, en regardant si quelqu’un m’avait vu. La jolie plongeuse émergea de l’eau. Au ralenti. Mon cœur était conquis.

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