Le jour comme unique expiation

On avait raté l’arrêt de bus à cause de moi qui essayait de draguer une serveuse passionnée mais pas si passionnante. Elle avait presque réussi à me convaincre de venir prochainement souper à son restaurant, quand je lui ai demandé, à tout hasard ‘ Penses-tu qu’il reste encore longtemps avant Jean-Talon?’ Elle a explosé de rire en me répondant que j’étais ben trop soule, et qu’on avait passé l’arrêt depuis longtemps.

Je suis allée chercher les filles qui se galochaient goulûment à l’arrière de l’autocar. Entre deux apnées, je leur annonçais la mauvaise nouvelle. On a sauté du bus pour se retrouver bien loin passé l’autoroute Cremazie. On était clairement perdues au fin fond de Montréal, en pleine nuit, avec nos vestes à peine assez grandes pour couvrir une poule. La jupe au ras la joie de vivre, je n’étais pas vraiment rassurée. Les filles, elles s’en rendaient pas compte. C’est à peine si elles avaient levé les yeux plus haut que leurs boules depuis qu’on était sorties du bus. Elles auraient pu baiser là, contre le capot d’une voiture, que ça ne les aurait pas dérangées.

Et tout à coup, une lumière, un soupçon d’inspiration, Stella s’écrit ‘ Mais je reconnais! On est juste à côté de l’appart de ma mère.’ On se met en tête de trouver l’appartement. L’idée de faire un plan à trois là-bas, dans la maison maternelle ne me fait ni chaud ni froid à ce moment-là. C’est parce que je ne connais pas la mère de Stella.

Par chance, Stella a toujours un double des clefs de sa mère, qui part souvent en week-end, et dont elle passe s’occuper du chat. L’appartement est un duplex. La chambre des invités est au sous-sol, tandis que les autres pièces à vivre sont au premier niveau. Je demande d’urgence la salle de bains. Stella m’entraîne avec elles en bas, en me glissant ‘ Allume pas l’aération. Tu pourras nous entendre gémir.’ Je me retrouve dans une salle de bains obscure. Une petite fenêtre qui donne sur la ruelle éclaire vaguement la pièce. J’évacue de ma vessie toute la bière absorbée. Il ne leur faut pas moins de temps pour que je les entende, en effet. Je reconnais le râle de Junon. Je l’imagine allongée, torse nue, avec ses petits seins pointant vers la lune, et Stella jouant avec. Junon fait toujours le même son quand on joue avec ses têtons. Je ne pensais pas que les petits seins pouvaient être aussi sensibles. Les premières semaines où nous étions ensemble, Junon et moi ne pouvions jamais nous arrêter de baiser. On faisait régulièrement des blagues sur un sort qu’Aphrodite avait pu nous lancer pour que nous nous consumions de désir en permanence. Quand Junon me confiait son attirance pour Stella, je ne pouvais m’empêcher d’être un peu jalouse. Le désir qu’elle éprouvait pour moi, je le voulais exclusif. Ignorant mes états d’âmes, Junon me proposa d’inviter Stella dans notre lit. Elle ne voulait pas une aventure à elle. Elle voulait partager ça avec moi. Je commençais à voir Stella autrement. Ses seins surtout. Stella, pleine de grâce, avait la décence de ne pas porter de brassière sous ses chandails moulants. Un jour, elle s’était mis à courir après un devoir qui s’était échappé de ses mains avec le vent. Ses seins, comme des melons, semblaient rouler sous son polo, qui se soulevait pour laisser voir son ventre plat.

Assise sur les toilettes, je repense à ses deux corps, Stella et Junon, si paisiblement différents et tellement en harmonie. Avant d’aller les rejoindre, je tiens à me faire une toilette spartiate mais nécessaire. La première impression est toujours la meilleure et je veux que Stella se sente en territoire ami. J’imagine ses yeux verts au dessus de mon pubis, pendant que sa langue lèchera mes parois. Ses doigts seraient en Junon, qui s’offrirait à elle, les jambes tellement écartées qu’elle n’aurait pas besoin de tenir ses lèvres pour laisser apparaître son magnifique Mont Clitoris. En lavant le mien, je ne peux m’empêcher de constater que ces pensées ont déversé leur doux liquide entre mes jambes. J’entends les filles gémir à travers la porte. Stella maintenant, qui étouffe des grognements, et au fur à mesure que ses cris se font plus forts, mes doigts s’agitent sur, et en moi. Quand je l’entends jouir, je me retiens pour ne rien gâcher. Je ne veux pas avoir ce plaisir seule, derrière cette porte.

Je finis ma toilette sommaire et sort de la salle d’eau. Les filles sont allongées sur le lit d’ami, nues sur une couverture à peine dépliée. L’aurore laisse entrevoir la chatte de Stella, encore luisante de salive et de cyprine mélangée. Je l’imagine rouge, gonflée et chaude. Je voudrais aller la toucher, boire la salive de Junon à cette source cascade. Mais les deux amantes se sont endormies comme des louves exténuées. Et je reste avec ce mal de ventre indescriptible, qui m’écrase l’intestin. L’impression que le peu de noir qu’il reste à la nuit ne viendra jamais remplir le vide de mes orifices.

Je suis trop excitée pour dormir. À l’étage, j’entends le chat miauler. Je décide d’aller le saluer. Un peu de compagnie. Peut-être comprendra-t-il mon désarroi. J’escalade à tâtons les escaliers, et me retrouve nez à nez avec une femme d’une quarantaine d’années. Stella nous avait déjà précisé que sa mère l’avait eue très tôt. C’était peu de le dire. Elle porte un déshabillé en soie, comme seules les femmes de cet âge peuvent le porter. À mon âge, ça fait trop madame, plus vieille, ça ferait vulgaire. Sur elle, le décolleté galbe ses seins encore fermes. Je sais maintenant de qui Stella tient sa poitrine généreuse. D’une voix rauque, encore engourdie de sommeil, elle dit ‘J’ai entendu du bruit. Tout va bien en bas?’ J’acquiesce d’un signe de tête. Elle me regarde de haut en bas, ne sachant sans doute pas qui je suis. A-t-elle la moindre idée que sa fille s’envoie régulièrement en l’air avec ses copines d’université? Son regard s’arrête au bas de mon ventre. Elle ne dit plus rien, et garde la tête baissée. Je baisse la tête à mon tour, pour réaliser que je suis cul nu. Ma toison taillée est exposée à elle. J’ai peur de la choquer. Je me demande comment s’épile une femme de son âge. Me trouve-t-elle trop provocante?Finalement, je pense à me cacher, en mettant une main devant mon sexe. ‘Pardon, madame’, je murmure dans un souffle. Doucement, elle enlève ma main, et continue de me regarder. Elle répond, tranquille, comme une vieille sage ‘Ne t’excuse jamais pour ton beau sexe. Jamais, tu m’entends?’ Elle caresse mes poils avec ses ongles manucurés. Le bout de son index effleure doucement mon clitoris. Puis elle fait demi-tour en me laissant seule, plus fiévreuse que jamais, en haut de l’escalier. Je la vois s’éloigner dans le corridor, et pousser l’une des portes. Sur mes cuisses, ma mouille dégouline. Jamais dans ma vie je n’ai été aussi liquide. Tellement que j’ai peur d’inonder la moquette au sol. Est-ce donc ça le coup de foudre? Le coup d’orage? Le coup d’averse?

Dans cet espace qu’est la nuit, qui nous permet d’être celles que nous n’osons pas être, je pousse la porte qu’elle avait franchie. La femme est étendue, couchée sur le ventre. La cambrure de son dos bombe ses fesses arrondies. Je peux voir qu’elle accentue cet effet en soulevant son bassin. Il n’y aurait pas de plus belle illustration à l’expression ‘offrir son cul’. Son déshabillé s’est assez relevé pour que je constate qu’elle ne porte pas de sous-vêtements. S’offre-t-elle à moi ou est-elle, elle aussi, endormie? J’attends un signe de sa part, un mouvement, un souffle, pour me lancer à la conquête de ses expirations. Lentement, elle décolle un peu plus ses hanches des draps. Son cul rebondi est maintenant suspendu dans les airs. Je m’approche de son postérieur et caresse ses fesses en les écartant. Que de beaux orifices, nets et dégagés où il fait bon saliver. Ma langue se perd dans le sentier tracé par sa raie. Je la lèche complètement et entièrement. Sa légère acidité ne fait que redoubler mon plaisir. Elle me donne tout ce qu’elle possède, sans que je n’ai à le demander. Cet abandon, la quintessence du sexe. Je n’en finis plus de mouiller, quand elle bascule sur le dos et me tire contre elle. La gâterie lui a plu, elle veut me rendre la pareille. Je suis assise , complètement écartée, sur cette face de femme découverte quelques minutes plus tôt, apparue dans la nuit comme un mirage. Je me frotte sur son visage au complet, et elle gémit de plaisir. Depuis combien de temps cette magnifique créature n’avait-elle rien mangé de tel? Dans son acharnement à ne pas laisser sec un seul pore de mon entrejambes, elle n’en oublie pas mon plaisir ultime. Je regarde face à moi. Le miroir au mur reflète ses lèvres. Je me retiens de plonger dedans, et ne fais que les regarder, de loin, dans ce sombre reflet. Elle replie ses jambes sur son torse, et, me donne ses délicieux orteils à lécher. Son corps se sert. Je la sens s’agiter sous moi, elle veut quelque chose d’autre, mais quoi? Je relève la pression de mon sexe contre son visage, pour lui laisser le temps de tourner la tête vers sa table de nuit. Rapidement, dans son empressement de poursuivre, elle ne trouve qu’un long tube de crème de jour. Elle me le tend avant de m’agripper à nouveau férocement et d’enfoncer sa langue au plus profond de mon être. Je me retiens encore un peu, quelques secondes pour lui donner ce qu’elle souhaite. En mordillant ma bouche pour ne pas crier, j’écarte suffisamment ses lèvres pour introduire le tube dans son vagin brûlant. Son ventre se contracte, ses côtes gondolent. Le moment approche. Alors, pour finir en beauté, je mets une dernière fois mon visage sur son sexe doux comme une pêche. Ma chatte étouffe son cri rauque, la sienne retient le mien. Je m’assois à ses côtés pour la voir une dernière fois dans ce moment privilégié. Mais telle mère, telle fille, elle s’est déjà endormie.

Je redescends doucement au sous-sol. Les filles n’ont pas bougé d’un poil. Je m’allonge près de ma belle Junon.

Si Stella s’est laissée baiser par ma femme, je ne sais pas ce qu’elle pensera du fait que j’ai fait de même à sa mère.

Le jour se lève sur nos corps emmêlés. Le jour comme unique expiation.

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