La Première Fois – Saga en cours (3/4)

Printemps

Je m’en allais à l’école en prenant le chemin par la petite ruelle où y’a Bernard, le gros chien toujours accroché à un arbre qui attend son bout de toast au beurre de peanut que je lui livre chaque matin, quand je l’ai vue pour la première fois.Elle est sortie de chez elle super vite, le capuchon sur la tête, ses écouteurs sur les oreilles, pis sa mère criait. Pétille. Pétille ! PÉTILLE merde, tu pourrais répondre quand on t’parle !? La Pétille s’est pas arrêtée pantoute, traçant tout droit comme si elle avait pas entendu, ce qui était impossible parce que sa mère criait vraiment fort. En passant devant moi pis Bernard elle a juste dit Salut vous deux, les yeux dans la capuche. J’ai vu les taches de rousseur sur son nez pis je me suis dit que c’était sûrement pour ça que ses parents l’avaient appelée de même. Pétille. J’y avais jamais pensé, mais là je trouvais vraiment que c’était un beau nom. Pas comme Jacquette… Toutes les fois où j’avais demandé à mes parents pourquoi ils m’avaient appelé de même, les larmes aux yeux pis des bleus sur les genoux parce que je m’étais faite écoeurer à l’école, ils m’avaient répété la même affaire. En l’honneur de ton grand-père Jacques qui a bâti le premier refuge pour chats errants à Montréal c’est pas rien quand même ! Ben non c’est pas rien, mais c’est pas une raison pour faire ça à son propre enfant. Si j’avais été un gars, ils m’auraient sûrement appelé Jacques, ça fait vieux mais j’men serais remis. Mais Jacquette… Come on ! Je finissais toujours ma tirade en leur jetant à la figure que de toute façon les chiens c’était tellement mieux que les chats.

Rendu a l’école j’ai cherché Pétille du regard pour voir si elle était là mais que je l’avais jamais remarqué avant. Pas de Pétille en vue.
Le lendemain matin, je suis revenu donner son bout de toast à Bernard, en guettant la maison rouge là où j’avais vu Pétille la veille. À la même heure, elle est sortie dans la ruelle, ses écouteurs sur les oreilles en criant à sa mère, J’suis sourde maman c’est toi même qui le dit. T’es tu sourde coudonc ?! Ben oui j’suis sourde, pis les sourds ça répond pas quand on les appelle. Bye. Elle est passée en coup de vent à côté de Bernard et moi qui faisions comme si on avait rien entendu pis elle nous a salués. Salut vous deux, sans ralentir. Je me suis précipité à ses côtés et j’ai sorti une toast au beurre de peanut emballé dans du papier d’aluminium de mon sac pour lui donner Tiens si t’as pas eu le temps de déjeuner à matin que j’ai dit. Elle l’a englouti en deux bouchées, en essayant de me remercier avec de la toast collée dans bouche. Mmhergchi que ça a sonné. De rien que j’ai répondu. Le temps qu’elle réussisse à tout avaler on était déjà presque arrivées à l’école. Mais elle est pas tournée du bon bord. Je lui ai fait remarquer, elle était peut-être dans la lune. Elle m’a dit qu’elle avait des choses plus importantes à faire. «Comme quoi ?» j’ai dit. Elle a répondu T’as juste à me suivre si tu veux le savoir. J’ai à peine hésité. Je marchais en silence, je posais pas de question pour pas la déranger dans ses choses importantes. Elle m’a demandé mon nom. J’ai dit Jac. Elle a dit Pétille. J’avais remarqué. On a marché jusqu’au parc, puis elle s’est approché d’une vielle madame qui portait une combinaison en sac de poubelle. La dame lui a dit Bonjour Pétille, comme si elles étaient de bonnes amies et je crois qu’elles l’étaient. Puis la vieille m’a tendu la main, Palette enchantée qu’elle a dit. Elle n’avait pas de dents devant. J’ai dit Jac. La dame nous a dit qu’on ne devait pas rester dehors trop longtemps car il allait bientôt pleuvoir. Le ciel était complètement dégagé et il n’y avait pas la moindre trace de vent. Pétille lui a répondu qu’on allait bien se couvrir, à la prochaine. Puis nous sommes partis. Pétille m’a dit que pour la pluie, Palette ne se trompait jamais. Je lui ai demandé pourquoi elle s’appelait comme ça. Elle a dit que quand elle était plus jeune, elle avait de très grandes dents devant mais qu’à force de manger des bonbons, ses dents avaient carié et on avait dû lui enlever. Et maintenant, elle disait à tout le monde que contrairement à leur nom, les bonbons c’était pas bon du tout.
Je regardais les quelques personnes qui marchaient au parc en me disant que c’était beaucoup plus agréable la semaine parce que les gens travaillaient. Et être dehors quand on est censé être en dedans c’est trop l’fun.
On est sortis du parc, puis, après plusieurs minutes de marche, Pétille a tourné dans une ruelle. C’était le jour alors j’avais pas peur mais je me demandais quand même ce qu’on allait faire. Derrière une très vieille bâtisse, elle m’a montré une petite échelle en métal au mur et m’a fait signe de passer devant. J’ai ri parce que je croyais que c’était une blague. Elle a haussé les épaules et elle a commencé à monter. C’était plus fort que moi je lui ai dit que c’était trop dangereux et que je voulais qu’elle redescende tout de suite. Je crois que je comprenais pourquoi sa mère criait après elle maintenant. Elle a dit Viens me chercher. Je sais pas pourquoi, mais je l’ai fait. J’avais les jambes molles, je la voyais devant moi, presque arrivée en haut de l’usine et je continuais à avancer sans regarder en bas. Arrivée au sommet, une bourrasque de vent m’a ramassée et la vue m’a coupé le souffle en même temps. Pétille m’a pris la main, peut-être parce que mes jambes tremblaient, puis elle m’a dit Regarde ! Il y avait maintenant des nuages dans le ciel. Palette avait raison, ça sentait l’orage. Pétille a tournée sur elle-même en regardant dans les airs, puis elle s’est laissé tomber au sol, ou au toit devrais-je dire. J’ai fait de même. J’arrivais plus à tenir debout de toute façon. Couchés côte à côte, on regardait le ciel plein de boules de cotons. Pétille a pris mon bras pour en pointer une en forme de chien. Puis, un autre qui ressemblait à un ours selon elle. Je lui ai dit que je voyais plutôt un dragon et elle a éclaté de rire. Oui ! Je vois les flammes qui sortent de sa bouche, qu’elle a répondu.
Je crois qu’on s’est endormi après parce qu’un moment donné, une pluie froide m’a réveillé et mon nez était gelé. On s’est levé, le vent était super fort tout d’un coup et on entendait l’orage gronder au loin. On s’est précipité vers l’échelle. Jamais j’y arriverais que je me disais. Je venais de voir le sol du haut qu’on se trouvait. Pétille m’a dit Tu es montée tu vas redescendre. J’ai dit non. Elle a dit oui. Une larme a roulé sur ma joue mais elle s’est mêlée à la pluie faque personne l’a vu. Pétille est descendu la première, elle m’a dit Comme ça je t’attrape si tu tombes, mais non c’est pas vrai, parce que tu vas pas tomber. Je me suis dit que au pire j’allais mourir et j’ai commencé à descendre, face au mur de brique de l’immeuble. Je me concentrais pour pas glisser sur les barreaux mouillés. Puis, mon pied a finalement touché le sol. Je me suis retournée, Pétille me regardait avec le plus grand sourire du monde, fière de moi. Ses yeux brillaient. Ils pétillaient. C’était pour ça que ses parents l’avaient appelé de même c’était sûr. Mon cœur s’est gonflé, j’ai eu super chaud d’un coup et j’ai eu l’impression que j’avais jamais été aussi heureuse de toute ma vie, pis je me suis enfargé, je suis tombée en pleine face et j’ai sentie quelque chose craquer. C’est la première fois que je me suis cassé une dent.

Été

Y’avait une goutte qui dégoulinait dans mon dos pis une autre qui me coulait sur le front. J’étais presque rendue en haut de l’escalier quand j’en ai attrapée une avec ma langue, c’était super salé. J’ai posé ma boîte en carton dans la cuisine, avec précaution, fallait surtout pas que je casse une des quatre assiettes qu’on avait. En relevant les mèches de cheveux qui me collaient au visage j’ai regardé la mini cuisine, en souriant. J’avais vraiment hâte de ranger les cinq verres, les deux tasses, le gros couteau, le bol pis l’ouvre boîte à leurs places. Mais Pétille est arrivée avec un meilleur plan : une caisse de bières, qu’on allait boire sur le balcon, Notre balcon. Elle a déclaré que c’était le temps de fêter notre liberté ! Ses joues étaient roses pis les freckles sur son nez étaient ressorties à cause du soleil. Ses yeux étaient plus verts aussi, comme le gazon après la pluie. Elle avait d’la pétille dans l’regard comme j’aimais lui dire quand elle était de bonne humeur. Son père venait juste de partir, il avait pas mal de route à faire pis il aimait pas ça conduire quand il commençait à faire noir, c’était à cause de ses yeux et la vieillesse qu’il disait. La mère de Pétille, elle, était partie y’a un bout déjà. Elle en parlait jamais de sa mère. Je le faisais pas non plus, c’était mieux comme ça. Quand j’y pensais ça me faisait triste mais pour me consoler je me disais que y’avait pu personne qui criait après Pétille maintenant. On s’est assis sur le balcon de notre appartement. Pétille m’a débouché une bière, elle a calé la sienne d’un coup pis m’a regardée avec le plus grand sourire de la terre. La liberté ça lui allait vraiment bien. J’étais comme excitée, j’avais l’impression que je pouvais tout faire et j’avais un petit peu peur en même temps. C’était le fun comme sentiment. On est restées dehors jusqu’à temps que le soleil se couche, en finissant tranquillement le pack pis on est rentrées. L’air était froid ce soir là pis même en pleine ville, les maringouins savaient nous trouver dans le noir. Pétille est sortie chercher de quoi au dép au coin de la rue avant qu’il soit trop tard. Elle l’a pas dit mais je savais que c’était des clopes. Elle savait que j’aimais pas ça qu’elle fume fak elle m’en parlait pas mais elle le faisait pareille. Moi je disais tu fais ce que tu veux, je vais pas te dire quoi faire tu sais ce que je pense de la cigarette, en regardant ailleurs comme si ça me dérangeait pas trop. Quand Pétille est revenue, j’étais dans ma chambre, en train de sortir des draps d’une boîte pour faire mon lit, que son père m’avait aidé à monter. Pétille avait installé le sien tout seul, en disant que ça allait, c’était pas ben ben compliqué. Elle m’a rejointe, j’ai dit que je pouvais faire ça toute seule et elle a dit que ça lui faisait plaisir de m’aider. Je pense qu’elle se sentait mal pour la cigarette que je sentais un peu dans ses cheveux. Elle mâchait de la gomme à la menthe, pour pas que je la sente dans son haleine aussi. J’ai dit que après on allait faire le sien. Elle a dit ok merci avec un sourire en coin parce qu’elle savait que je savais qu’elle haïssait faire un lit. Y’avait toujours un bord du drap contour qui partait quand on tirait sur l’autre qu’elle disait pis ça la faisait perdre patience. Dans sa chambre, on l’a installée, pis on s’est assises, un peu étourdies par tout c’qu’on vivait, la bière pis la chaleur caniculaire. On a regardé les boîtes sur le plancher de la cuisine en silence, pis elle m’a pris la main sur le matelas. Ça voulait dire, moi aussi j’ai un peu peur mais on est ensemble tout va bien aller. Je lui ai souri de mon sourire le plus sûr de lui, comme pour la rassurer. Pis pour faire comme si tout était normal et que je maîtrisais vraiment la situation comme une grande, j’ai dit qu’il commençait à être tard pis qu’on avait une grosse journée demain avec toutes les boîtes à défaire. J’ai senti Pétille déstabilisée un instant mais elle s’est ressaisie tout de suite parce qu’elle aimait pas ça avoir l’air vulnérable. Elle a dit ben oui, je m’endors pas mal de toute façon pis elle a cherché un grand t-shirt dans ses affaires. Je suis partie chercher une feuille pis un crayon dans mon sac à dos. Pendant qu’elle se changeait j’ai dessiné un capteur de rêves. Je me suis brossé les dents en l’entendant fouiller dans ses boîtes. Elle devait chercher la sienne. Elle est entrée dans la salle de bain les mains vides avec une face piteuse. Je lui ai tendu la mienne en lui disant que j’espérais vraiment que le cancer des poumons ça pouvait pas s’attraper par la salive. Elle a dit que j’étais vraiment trop drôle. J’ai caché la feuille que j’avais dans la main, de l’autre je lui ai demandé sa gomme. Elle a demandé pourquoi. J’ai dit pour une surprise. Elle a rien ajouté, elle essayait jamais de savoir. Elle aimait trop ça les surprises. Quand elle est revenue dans sa chambre, j’étais en train de coller le capteur de rêves en haut de son lit. Elle a souri en baissant les yeux, gênée. Elle faisait ça quand elle voulait pas montrer que quelque chose lui faisait plaisir, comme pour le garder juste pour elle. J’ai dit comme ça t’es sûre de pas faire de cauchemars, pis je suis tombée en bas de son lit. Pas fort là, j’ai juste perdu l’équilibre. Elle m’a dit hey ça va coquine, en m’aidant à me relever. Elle m’a remerciée et a ajouté, en tout cas c’est sûr que je ferais pas de cauchemars si tu dormais avec moi… Mes joues sont devenues rouges, j’avais vraiment chaud tout d’un coup. On avait déjà dormi plein de fois ensemble mais là, toutes seules dans notre appartement, y’a un truc qui avait changé. On était comme devenues des adultes un peu. J’ai dit oui, ok oui, je vais chercher mon oreiller. Quand je suis revenue elle était couchée sur le côté, les yeux fermés. J’ai éteint la lumière. La lune et un lampadaire éclairaient la chambre parce qu’on n’avait pas posé les rideaux encore. Je me suis allongée à côté de Pétille, pis je me suis tournée dos à elle. J’écoutais sa respiration. Je pensais qu’elle était endormie mais elle s’est tournée pis est venue mettre sa tête dans le creux de mon cou. Elle a passé un bras autour de moi, et a marmonné bonne nuit Jac près de mon oreille. Mon cœur s’est mis à battre plus vite. Je sentais son corps encastré dans le mien et sa bouche tout près. La respiration de la grande cuillère est devenue régulière et moi, la petite, j’ai eu du mal à fermer l’œil. C’est la première fois que j’ai dormi en appartement.

Automne

Rendue en bas de l’immeuble, j’suis remontée tout de suite. J’avais oublié ma pile de notes sur la table de la cuisine. Là où je les avais laissées, à 2h du matin, crevée par mes révisions. J’ai fourré les feuilles dans mon sac et même si j’étais vraiment en retard, j’ai pas pu m’empêcher de retourner dans la chambre lui faire un bisou dans face. Est tellement belle quand elle dort. Ma Pétille. J’ai de la misère à partir le matin, j’essaie de rester au lit le plus longtemps possible, en écoutant sa respiration. C’est une torture de sortir des draps, loin de son odeur. Surtout quand je vois les feuilles aux pieds des arbres et que j’entends le vent froid souffler aux fenêtres. L’année fait juste commencer et j’ai déjà raté trop de cours, me disant chaque fois que je les rattraperai durant mes temps libres, ce que je ne fais jamais, évidemment. Les jours où j’arrive à quitter le nid, j’haïs arriver en classe, les yeux encore collés et penser à la belle endormie, nue, qui dort encore. Ça me fait détester l’école. Mais pas complètement. J’peux pas m’empêcher d’étudier. Et j’ai de la chance, je retiens tout. J’adore apprendre et je veux aider les autres à le faire. Pétille dit que je serai un bon prof. Si j’arrive à quitter les bancs d’école un jour, pour aller devant la classe au lieu de me contenter d’écouter en arrière. Je lui dis toujours que plus j’apprendrai, plus de choses j’enseignerai. Elle me répond que c’est juste un prétexte pour pas me lancer. Pétille elle aime l’action, les choses qui bougent. Elle aime pas parler, elle veut faire. Quand quelqu’un lui explique quelque chose, elle veut tout de suite l’essayer pour comprendre. Elle aime pas regarder, elle veut toucher. C’est en gossant qu’elle apprend. Sa dernière lubie c’est le bois. Elle s’est inscrite à l’école d’ébénisterie et veut se débarrasser de chacun de nos meubles pour en faire des nouveaux elle-même. Ça toujours été comme ça. Dès que je disais que j’aimais quelque chose, elle disait qu’elle allait me le faire. Ma recette préférée, une œuvre d’art, une chanson. Un été elle nous a fait un beau petit jardin sur le balcon, avec pleins de fines herbes en m’expliquant les propriétés de chacune. Une fois je suis revenue et elle avait fait des sushis. Mais pas les plus simples avec l’algue autour. Elle avait fait ceux inversés avec le riz à l’extérieur et des genre d’œufs japonais dedans pis des graines de sésame. Pour ma fête il y a deux ans, elle avait enregistré un rap avec une de nos amies musiciennes et l’avait fait jouer à mon party surprise en faisant du beatbox par dessus. Les paroles disaient que j’étais meilleure que la réglisse noire et qu’à 102 ans je serai magnifique. Elle m’a tricoté un chandail aussi, après avoir suivi un petit cours avec une mamie chez qui elle allait sortir le chien et arroser les plantes trois fois par semaine. L’école c’est pas fait pour elle. Ma Pétille, c’est la vraie vie qui l’intéresse, pas les théories. Les joues roses, les cheveux emmêlés, j’ai parké mon bike et suis entrée en même temps qu’une rafale de vent dans l’école. J’avais pas assez révisé mais j’étais confiante. Je revoyais les powerpoint du cours défiler dans ma tête. J’ai sorti Pétille et mes rêveries de mon esprit pour laisser toute la place à la matière scolaire. Dès que le prof a dit de retourner les feuilles j’ai clanché l’examen. Ma technique consiste à rédiger les réponses le plus vite possible avant d’oublier quelque chose, en ignorant la douleur dans mon poignet. Après, je reprends mes réponses une à une et je fais des belles phrases en corrigeant au fur et à mesure. J’ai révisé mes réponses avec mes yeux rayon-X. J’avais écrit une seule niaiserie. À chaque examen je me remémorais les paroles d’une ancienne professeure qui disait de ne jamais laisser une question sans réponse. J’ai remis ma copie et je suis sortie, légère, avec le sentiment du devoir accompli. Arrivée à la maison j’ai monté mon bike et poussé la porte, pensant que Pétille n’était pas encore partie. C’était barré. Me battant avec mon sac, mes clés, la serrure, la porte et mon vélo, j’ai finalement réussi à entrer, trouvant un appartement vide, avec une agréable odeur de bouffe, mais pas de Pétille. Je me suis dirigé vers la cuisine, une pile de muffins encore chauds trônaient au milieu de la table. À côté, une petite note me donnait un ordre : « Mange-moi ». Dessous, en minuscule, c’était écrit « Sauras-tu choisir le bon ? » J’ai fermé les yeux, pris une grande respiration et j’en ai choisi un que j’ai fourré dans ma bouche avec appétit. C’était absolument délicieux mais rien de spécial ne s’est passé. Je me suis demandé c’était lequel LE bon. J’ai regardé les muffins plus attentivement et j’ai vu qu’il y en avait un avec un petit trou sur le dessus. Je l’ai émietté pour voir ce qu’il y avait au centre. Une bague en bois est tombée sur le sol. J’ai vu la tête de Pétille sortir en douce du cadre de porte. Elle s’est avancée vers moi, a pris la bague et m’a regardée droit dans les yeux. Elle a dit : « Jac, veux-tu être ma femme magnifique à 102 ans qui est meilleure que la réglisse ? » J’ai dis oui, automatiquement. Pétille m’a dit : « Une chance que t’as bien regardé, on a failli pas se fiancer. » J’ai pris sa belle tête pour l’embrasser, la bague en bois gossée pleine de chocolat au doigt. C’était la première fois qu’on me demandait en mariage.

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