22 mai

-Excuse-moi, c’est où la toilette ?

-À droite au bout du couloir.

-Merci.

-Et tu es ?

-Marc.

-Marc ?

-L’ami du cousin de Fred.

-Et Fred c’est ?

-L’ami de Caro.

-Ah ok. Cool.

J’avais organisé ce party pour fêter l’arrivée de l’été. Comme on avait maintenant accès aux deux balcons, j’avais dit aux invités qu’ils pouvaient amener des amis. Des nouvelles rencontres, c’est toujours agréable. Mais là, je me retrouvais avec plus d’inconnus que d’amis dans mon propre appart. On allait bientôt être beaucoup trop pour la grandeur du lieu. Après avoir essayé de garder le contrôle en ramassant à mesure les verres vides, les sacs de chips par terre et les dégâts de bière sur le plancher je lâchai prise. J’avais organisé ça pour m’amuser et faire des nouvelles rencontres. Je ramasserais le lendemain. Je me fis un gin tonic moitié gin, moitié tonic avec le Ungava que je gardais pour les occasions spéciales et je regardai la foule, pour analyser les nouvelles têtes. Une grande brune à la peau hâlée et aux longs cils attira mon attention. En tentant de me frayer un chemin dans la foule, ce qui était maintenant presque impossible, je percutai quelque chose et entendit un juron. Je me retournai, une fille avait la bouche ouverte, les joues rouges et regardais sa robe, ahurie. Elle était inondée de vin rouge et la coupe qu’elle tenait à la main était vide.

-Excuse-moi. Je suis complètement désolée. Tu as de la chance dans ta malchance, je vie ici. Viens avec moi, je sais comment nettoyer les tâches.

Sans lui laisser le temps de répondre, je la saisi par la main et la tirai rapidement à travers les gens jusqu’à la salle de bain. Je comptais bien rattraper mon erreur et il fallait faire vite.

Je fîs couler l’eau chaude et lui ordonnai d’enlever sa robe. Gênée mais prise de court devant ma détermination, elle le fit. J’enlevai aussitôt ma chemise et lui donnai. «Tiens, mets ça. Je la fait tremper et je vais te chercher des vêtements propres.» Elle enfila ma chemise sans rien dire, en petite culotte et s’assis sur le bord du bain en me regardant frotter vigoureusement sa robe avec du savon. Le vin, qui avait à peine eu le temps d’imbiber le tissu, s’écoulait dans l’évier avec l’eau savonneuse. J’étais fière de moi, et tellement concentrée que je n’avais pas remarquée que l’inconnue était maintenant debout derrière moi. Sa main ferma le robinet. J’allais essorer sa robe pour l’étendre lorsqu’elle posa sa bouche dans le creux de mon cou. Je frissonnai et laissai tomber la robe dans l’évier. Dans mon oreille elle murmura : «Merci de m’avoir rentrée dedans, depuis le début de la soirée je cherchais un prétexte pour venir te parler.» Je me retournai et l’embrassai passionnément.

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