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Les rideaux volent au vent. Non. Pas au vent. J’ai oublié. Les rideaux volent au rythme du ventilateur.

A force des jours qui passent, j’ai oublié.

Parfois, on les ouvre, ces rideaux. Parfois, la pièce s’éclaire lentement. D’un blanc si lumineux qu’il en est aveuglant. Pas longtemps. On ne laisse jamais entrer la lumière assez longtemps. Assez longtemps pour se souvenir.

Parfois, j’ouvre un peu les rideaux, à peine le temps de voir la rue. A peine. A peine perdue. Trop peu de temps pour reprendre le souvenir de la rue.

Elle dit ‘ Quelle vie fait-il dehors ?’. Je dis ‘ Une vie pluvieuse, morose. Nous avons bien fait de rester à l’intérieur.’ Parfois, elle dit ‘ Fait-il belle vie dehors ?’. Alors, je dis ‘ Il fait une vie ensoleillée,mais on voit bien que les gens ont chaud. Nous sommes mieux là, au frais, avec le ventilateur. Allume donc le ventilateur’.

Elle l’allume, et m’embrasse.

Les rideaux volent au vent.

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